« Le Vainqueur Saladin » est un fameux film du chevalier du cinéma égyptien Ahmed Mazhar et une collection de stars égyptiennes de renommée internationale. Ce film est gravé dans l’esprit non seulement de chaque Egyptien mais aussi de chaque Arabe vu qu’il a bien exposé la prouesse d’un grand dirigeant arabe à savoir Saladin El-Ayyoubi, et ce dans un cadre dramatique et romantique sans pareil. Le film s’est focalisé sur un fait historique à savoir la libération de Jérusalem et son retour comme partie intégrante au monde arabe et islamique ainsi que son rôle héroïque dans la bataille de Hattin. Nous tentons aujourd’hui de mettre en relief sa biographie comme signe d’estime et d’appréciation pour son rôle héroïque. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter les sources suivantes :
*« Saladin et les Kurdes, Perception d'un groupe au temps des Croisades » Institut kurde de Paris
*« L'Orient de Saladin, l'art de Ayyoubides » livret de l'Institut du monde arabe
*« L'Orient de Saladin au temps des Ayyoubides » [archive], exposition virtuelle de l'Institut du monde arabe
*Saladin et les croisades [archive], émission 2000 ans d'Histoire de France Inter
*« Salah al-Din / Saladin, le Sultan chevalier, 1138-1193 » (consulté le 24 août 2014) sur France 5
*Al-Eman.com, Islamonline.net et Qaradawi.net.
Saladin, le libérateur de Jérusalem et le héros de la bataille de Hattin, fut connu dans les livres d’Histoire, en Orient et en Occident, comme un preux chevalier, comme un noble héros, comme l’un des plus grands Chefs d’Etat que l’humanité n’eût jamais connu. Avant même ses amis et ses biographes, ce sont ses ennemis croisés qui furent les premiers à reconnaître sa noblesse de caractère. Il fut le type d’un homme colossal façonné par l’Islam.
Le destin voulut que Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî devînt le Ministre du Calife fâtimide Al-`Âdid en 1168, succédant ainsi à son oncle Asad Ad-Dîn Shîrkûh qui ne put profiter du poste de Ministre que pendant quelques mois. L’accession de Salâh Ad-Dîn à ce poste marqua un tournant dans l’Histoire du sixième siècle hégirien. Ce fut alors que fut renversée une dynastie qui expirait son dernier souffle et qui souffrait les affres de la mort. Ce fut alors que s’érigea une nouvelle dynastie qui allait reprendre le flambeau de la lutte et du jihâd contre les royaumes croisés de Syrie et de Palestine. Ce fut cette dynastie qui sauva Jérusalem d’entre les griffes des Croisés qui occupèrent la ville pendant près d’un siècle.
Sa mission, qui était à l’origine d’empêcher l’Egypte de tomber aux mains des Croisés, se transforma peu à peu : il s’appliquait désormais à ramener l’Egypte sous la tutelle `abbâside.
Saladin était peu expérimenté et n’avait rien qui pût lui faciliter sa tâche ardue. Il réussit néanmoins dans son entreprise avec un succès aussi surprenant que mérité. Les moyens qu’il employa à cette fin furent innovants, en ce sens qu’il préféra le changement pacifique et progressif à une révolution brutale, et qu’il prépara longuement le terrain afin de n’être confronté à aucun obstacle. Cela dénote pour le moins l’ampleur de sa réflexion, la profondeur de sa vision, le bien-fondé de ses dispositions, la puissance de son entendement et son recul face à l’Histoire.
Mais pour que Saladin réussît à réaliser son objectif, il devait consolider en Egypte la doctrine sunnite, afin de pouvoir renverser plus facilement la dynastie fâtimide et éradiquer la doctrine shiite. Il lui fallut trois ans pour mener à bien cette entreprise, tout comme il fit construire un certain nombre d’universités dispensant un enseignement sunnite.
Saladin dépensa les premières années suivant la chute de la dynastie fâtimide dans la consolidation du nouvel Etat et dans le renforcement de son autorité et de son pouvoir. Les Chiites s’opposèrent alors à Saladin et conspirèrent contre le nouvel Etat naissant. L’une des plus grandes révoltes était au Yémen. Des troubles apparurent également à Assouan, mais tous ces mouvements de révolte furent matés par Saladin.
Ensuite son travail était d’asseoir son autorité sur la Syrie, afin de promouvoir le rang islamique, unifier tous les fronts face à la menace croisée et libérer les territoires usurpés. Ce long travail d’unification du front islamique dura plus de dix ans, de 1174 à 1186. Durant toute cette période, il ne put se consacrer entièrement à la lutte contre les Croisés.
Désormais confiant en la solidité du front intérieur, il passa alors à l’étape suivante : il allait maintenant consacrer toute sa force et toute son énergie à la guerre contre les Croisés. Il mena contre eux toute une série de batailles résonnant comme autant de retentissantes victoires, malgré une cuisante défaite subie quelques années plus tôt à Ramallah. Ce fut une immense bataille au cours de laquelle furent capturés le Roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, le Seigneur de Kérak, Renaud de Châtillon, et d’autres grands généraux croisés.
Cette grande victoire fut le prélude de la chute successive des villes et des châteaux croisés entre les mains de Saladin. La voie était désormais libre pour entreprendre la conquête de Jérusalem. La Ville sainte fut assiégée jusqu’à sa reddition. Saladin y entra le vendredi 2 octobre 1187, ce fut l’une des plus grandes journées de l’Histoire de l’Islam.
Toute l’Europe fut secouée en apprenant que les Musulmans venaient de libérer leur Ville sainte. Les Rois d’Europe crièrent vengeance. L’une de leurs plus redoutables croisades fut alors mise sur pied, la plus nombreuse en hommes et en matériel. Trois armées la composaient : l’armée germanique, l’armée franque et l’armée anglaise. Deux armées parvinrent à destination, alors que le Roi germanique se noyait en traversant un fleuve d’Asie Mineure, provoquant la dispersion de son armée. L’armée franque, sous le commandement de Philippe-Auguste, parvint à reprendre la ville d’Âcre, tandis que son alliée anglaise, sous le commandement de Richard Cœur de Lion, put s’emparer de la région côtière allant de Tyr à Jaffa, préparant ainsi la voie à la reconquête de Jérusalem. Les tentatives de reprendre la Ville sainte échouèrent néanmoins et Richard Cœur de Lion fut contraint à demander une trêve. La trêve fut signée le 2 septembre 1192 à Ramlah. Elle marquait la fin de la troisième croisade.
Beaucoup de gens pensent que Saladin ne s’est préoccupé que de guerre et de conquête, en négligeant les autres affaires de son Etat. L’image du chevalier combattant s’est sans doute imposée devant les autres aspects de sa personnalité, si bien que certains de ses traits resplendissants ont été occultés.
La première œuvre remarquable de Saladin est sa consolidation de la doctrine sunnite en Egypte. Il édifia dans ce but deux universités dispensant un enseignement. Le règne de Saladin vit émerger plusieurs penseurs et scientifiques. Il se préoccupa également de construire des murailles autour des villes, des tours de défense et des châteaux. L’un de ces plus fameux vestiges est le château du Mont qu’il fit construire pour y établir son gouvernement, y caser son armée et en faire une place forte qui lui permettrait de défendre Le Caire. Malheureusement, la mort empêcha Saladin d’achever sa construction. Celle-ci fut terminée plus tard lors du règne de son successeur. Saladin entoura Le Caire et les régions avoisinantes d’une muraille de 15 kilomètres de long et de 3 mètres de large, ainsi que par des tours de défense. Les ruines de cette muraille existent toujours aujourd’hui par certains endroits épars. N’oublions pas sa fameuse Citadelle bâtie au Caire qui persiste jusqu’à aujourd’hui en portant son nom « La Citadelle de Saladin ».
Le système administratif connut sous le règne du Sultan une période de stabilité. Saladin développa également des fondations sociales dont le but était d’aider les gens et de les soutenir devant les vicissitudes de la vie. Il annula ainsi les taxes qui étaient prélevées sur les pèlerins qui traversaient l’Egypte. Il s’engagea à entretenir les pauvres et les étrangers qui se réfugiaient dans les mosquées. Il fit ainsi de la Mosquée Ahmad Ibn Touloun un asile pour les étrangers maghrébins.
Saladin était un homme de grande piété, épris de prières et d’invocations de Dieu. Jamais il ne manqua la prière à la mosquée. Même lors de sa dernière maladie, ne pouvant se rendre lui-même à la mosquée, il fit venir l’imam et la prière fut tenue dans sa tente, afin de ne pas manquer la prière communautaire.
Saladin fut un homme juste, qui s’était fixé deux jours par semaine, le lundi et le jeudi, pour recevoir et entendre les plaintes de ses sujets. Les juges et les savants assistaient à ces séances au cours desquelles le Sultan rendait leur dû aux personnes lésées. Il était d’un courage exemplaire, ne craignant pas la mort.
Saladin fut célèbre pour sa tolérance et son aspiration à la paix. Il en fut à vrai dire l’exemple le plus parlant. Après la reddition de la Ville sainte de Jérusalem, il traita les Croisés avec douceur, et afficha sa compassion envers les habitants de la ville. L’entrée des Musulmans dans Jérusalem sans la moindre effusion de sang et sans perpétration de crime marque l’une des pages les plus glorieuses de l’Histoire de l’Islam, une page en opposition totale avec ce qu’avaient commis les Croisés francs lorsqu’ils s’emparèrent de la ville en 1099. Ces derniers avaient en effet massacré les habitants musulmans par milliers, si bien qu’on baignait dans le sang jusqu’aux genoux.
A sa mort, il ne laissa ni biens ni terres. Ses conquêtes, les villes qu’il avait prises et qui se comptaient par dizaines, auraient pu lui garantir une fortune incommensurable. Pourtant, à sa mort, on ne retrouva dans son coffre qu’un dinar en or et quarante-sept dirhams en argent. C’était la preuve manifeste de son ascétisme, de la chasteté de son cœur et de la pureté de ses mains. Tel était Saladin.